Les différentes farines et leur équivalent en Norvège (T45, T55, sarrasin, etc.)

En cette période où l’on reste longuement à la maison, beaucoup d’entre nous se (re)mettent à la cuisine ou apprennent à faire du pain au levain. Il nous paraît donc utile de rappeler l’équivalence entre les farines que l’on trouve en Norvège par rapport à celles en France.

Que ce soit dans l’idée de préparer de vraies galettes (#bhz) à la farine de sarrasin ou pour suivre une des recettes de mamie à base de farine T55, nous nous sommes tous retrouvés désemparés au moins une fois dans les supermarchés norvégiens. En effet, beaucoup de pays ont des nomenclatures différentes quand il s’agit de parler de farine, et la France et la Norvège n’y font pas exception.

Farine de blé (« hvetemel »)

Le blé est de loin la céréale la plus populaire quand il s’agit de cuisiner. Le fameux « T » qu’on retrouve sur les paquets de farine pour indiquer, entre autre, la teneur en matières minérales, est une mesure que l’on retrouve dans peu de pays hormis la France…

La T45

Farine blanche ou « fleur de farine » ou « farine fluide » utilisée pour les viennoiseries, on la retrouve en Norvège souvent en import sous sa dénomination italienne : « Tipo 00 ». Elle se trouve dans n’importe quelle grande surface mais il faut bien la chercher.

La T55

Farine blanche souvent utilisée pour les pizzas, on la retrouve en Norvège souvent en import sous sa dénomination italienne : « Tipo 0 » ou alors « Pizzamel ».

La T65

Farine « tout usage », c’est aussi la plus commune en Norvège. Elle est trouvable dans n’importe quelle grande surface norvégienne en tant que « Siktet Hvetemel » ou éventuellement la « Finmalt Hvetemel » (un peu plus grossière). Très utilisée pour les pâtisseries ne demandant pas d’élasticité.

La T80

Farine semi-complète, ce qui s’en rapproche le plus est la farine « Sammalt Hvetemel ». Parfaite pour des pains avec plus de corps.

La T110 / T150

Farine de blé entier / complète, traitée ou non. En Norvège il faudra se rabattre sur la « Hvetemel med fullkorn ».

Farine de sarrasin (« bokhvetemel »)

Seconde farine préférée des Français car c’est l’ingrédient essentiel des galettes ! Elle est un peu plus difficile à trouver mais la majorité des Meny en ont dans le rayon « glutenfri ». Les magasins de santé comme Life ou Sunkost en ont aussi en général.

Note : elle s’appelle « boghvedemel » si elle est importée du Danemark.

Farine de seigle (« rugmel »)

C’est l’autre farine qui a droit au « T » en France (T70, T85, etc.). Cette farine est très prisée dans les pays nordiques (notamment pour le fameux pain noir « Dansk rugbrød »).

Farine d’épeautre (« speltmel »)

Autre farine très prisée, notamment pour les pains, on la trouve facilement en grande surface norvégienne.

Quelques autres farines

Si vous vous mettez à faire du pain, notamment au levain, vous trouverez sûrement des recettes à bases de farines moins communes. D’autres farines se prêtent plus à des plats particuliers :

  • Emmer : Amidonnier noir, un des plus anciens grains utilisé par notre civilisation pour faire du pain !
  • Enkorn : Engrain (petit épeautre), s’utilise aussi pour du pain mais plus dur à trouver.
  • Maismel : Farine de maïs, véritable institution en Norvège pour préparer les fameuses tacos du TacoFredag.
  • Durum / Hardvete : Blé dur, s’utilise beaucoup pour les pâtes fraîches en réalité.
  • Semulegryn/semoline : Semoule fine (plus fine que pour le couscous) aussi basée sur le blé dur.
  • Bygg : Orge.

Où acheter sa farine

Mis à part dans les grandes surfaces où l’on trouve surtout la farine de Regal ou de Møllerens, une des marques les plus réputée en Norvège est Holli Mølle. On la trouve dans certaines boutiques Coop Mega ou en ligne comme sur Dyrket.no.

Conclusion 

Cet article a été écrit pour une utilisation domestique. Si vous êtes boulanger ou pâtissier de profession, vous avez sûrement accès à d’autres types de farine. Si vous tenez à nous faire part d’une correction, n’hésitez pas écrire un commentaire en dessous 😉

Merci à Axel d’avoir répondu à nos questions !

Portraits de Marion et Tristan, deux jeunes Français installés à Isfjorden (1320 hab.)

Petite anecdote : Marion est la première Française que j’ai rencontrée en Norvège, le soir même où j’ai atterri à Oslo. En effet, j’avais noté en avance des appartements en location sur Finn.no et le sien était le premier sur ma liste à visiter ! Je n’ai cependant pas été choisi comme locataire, mais je ne suis pas rancunier et nous sommes devenus amis depuis 😉.

Marion et son copain, Tristan, ont depuis quitté Oslo pour aller vivre à Åndalsnes (2 416 hab.) dans le Møre og Romsdal ! Début 2020, ils sont passé à l’étape supérieure et ont carrément acheté une maison dans une des petites villes à côté : Isfjorden. J’ai donc voulu en savoir plus sur ce qui les a motivés à aller se perdre dans le fond des fjords norvégiens.

Thomas : Quand et pourquoi êtes-vous arrivés en Norvège ?

Tristan : En terminale, une envie de partir de France grandissait en moi. Cherchant où je pourrais à la fois faire beaucoup de ski et parfaire mon anglais, je suis tombé sur le contact d’une Française travaillant au ministère de l’Éducation en Norvège. Elle m’a fait part d’une bourse permettant à une vingtaine de jeunes étrangers de passer une année en Folkehøgskole [ndlr : « universités populaires » qui s’adressent tout particulièrement aux jeunes adultes, en promouvant une éducation générale]. J’ai envoyé ma candidature, et quelques mois après mon bac en 2008 je posais mes valises à Gol pour une année ! 

Marion : J’avais 21 ans et travaillais à Paris, avec un petit ami en Erasmus en Norvège. C’était en 2010. L’idée de l’y rejoindre et y trouver un travail semblait un bon challenge. J’ai rapidement appris la langue, au début depuis Paris en préparant mon départ, puis dès l’année suivante sur place grâce à mon premier boulot. Je me suis très vite sentie à ma place, tant et si bien que je suis restée alors que mon copain de l’époque est rentré en France. Sans rancune, nous sommes toujours en contact et rigolons encore de la tournure de cette aventure !

Comment vos chemins se sont croisés ?

On s’est rencontrés à une fête organisée par une amie en commun à Oslo. Cette amie en question, Claire, s’est avérée être une des meilleures amies de Marion et est plus tard devenue sa colloc. Elle avait entendu dire que Tristan était de retour sur Oslo, ayant trouvé du travail sur place. Nous nous sommes donc retrouvés tous deux au même endroit, se sommes dit bonjour et c’était tout.

Par la suite, une deuxième fête chez Claire et Marion (qui venaient d’emménager ensemble) a eu lieu et puis une troisième où nous nous sommes dit qu’il était enfin temps de faire mieux connaissance !

Tristan, comment es-tu devenu professeur de français au final ? Quelle est la relation qu’ont les Norvégiens par rapport à notre langue ?

Après deux ans d’université en France et de cours de norvégien, je suis parti à Bergen pour faire ma 3e année en Erasmus. Là j’ai pu améliorer mon norvégien grâce aux cours proposés par la fac et au fait que j’habite avec des locaux. Cette année m’a permis d’avoir un niveau de langue suffisant pour pouvoir m’inscrire à un cursus local ce que je me suis empressé de faire. Après une licence puis un master en français, une année d’équivalent norvégien pour STAPS ([ndlr : filière activités physiques et sportives]) et une dernière de pédagogie, le diplôme de professeur était en poche.

Je dirais que les jeunes Norvégiens qui apprennent le français en LV2 le font très rarement par hasard. Il y a moins d’élèves qui choisissent notre langue par rapport à l’allemand et à l’espagnol, mais ils sont pour la plupart motivés. Qu’il s’agisse d’une maison dans le sud de la France, d’un parent francophile, d’une grand-mère française ou d’une passion inconditionnelle pour l’équipe de France de football, toutes les raisons sont bonnes à prendre.

Marion, de nombreux amis m’ont dit t’avoir connue ou rencontrée à la salle de bloc dans Friluftshuset (à Oslo, gérée par l’association DNT), où tu étais bénévole. Comment t’es-tu décidée à devenir encadrante ?

Oui ça n’est pas impossible ! Si l’on cherche à me trouver, la probabilité pour que ce soit dans une salle d’escalade est plutôt élevée. Quant au bloc de la Friluftshuset plus particulièrement, ça a d’abord été géographique. Logeant au croisement entre Gamlebyen et Barcode à Oslo, Sørenga où est située la Friluftshuset était facilement joignable à pied et je cherchais à m’investir localement. J’avais déjà plusieurs amis dans l’équipe de bénévoles qui a été très accueillante et cherchait à s’agrandir, donc ca s’est fait très naturellement je dirais. J’ai par la suite renforcé mon engagement en tant instructeur d’escalade à Skullerud ([ndlr : plus au Sud-Est d’Oslo]) cette fois, mais toujours pour DNT.

Marion en salle de bloc

DNT fait un travail incroyable auprès des jeunes et c’est vraiment gratifiant d’avoir pu en faire partie. D’autre part, c’est plutôt dans l’escalade en corde et en montagne que je m’investis personnellement.  Aujourd’hui c’est pour voir du monde et me maintenir en forme que je passe à Sørenga quand je suis sur Oslo, mais c’est le Tindesenter d’Åndalsnes qui bénéficie de mon engagement.

Comment et pourquoi avez-vous choisi de déménager à Åndalsnes ?

Åndalsnes sur une carte, via OpenStreetMap

Tout d’abord, nous avions tous les deux envie d’habiter à la montagne et s’échapper de la capitale. Mais nous ne savions pas trop où.

Tristan : J’avais déjà fait un an à Volda et appréciais particulièrement la région du Vestlandet. Marion de son côté a toujours été attirée par la Norvège du Nord, mais elle ne pouvait se résoudre à emprunter l’avion si régulièrement. Les critères communs étaient en tous cas clairs, il fallait que ce soit à la montagne et entouré d’une nature nous permettant de poursuivre nos hobbies. 

Marion : Tristan a une amie, Brit, qui habite à Vik à 35 minutes d’Åndalsnes, et à qui nous avons très régulièrement rendu visite pour faire du ski de randonnée. Nous nous sommes rapidement rendus compte de la beauté des lieux, mais aussi et surtout de son accessibilité unique avec le train. Pour couronner le tout Åndalsnes est une petite ville entourée de nombreux villages et propose ainsi des aménagements peu communs pour une agglomération de cette taille : salle d’escalade, cafés sympas, restaurants, musées, etc.

Après quelques mois ce fut une évidence, il fallait qu’on y habite ! 

En bas d’Isfjorden

Pas trop dur de trouver du travail dans le coin ?

Marion : je travaille dans l’informatique, il n’y aurait aucun problème à trouver un emploi ici comme partout en Norvège. Mais pour l’instant il n’est pas d’actualité de chercher du travail dans la région car je suis très satisfaite chez Capgemini et de la possibilité de poursuivre ma mission actuelle pour le ministère de la Santé à distance. 

Tristan : Je vais devoir trouver une école où enseigner sur place. Je suis en recherche d’emploi en ce moment et il semblerait que ce ne soit pas aussi simple que je l’espérais. Du fait qu’il y a peu d’habitants dans la commune, il y a aussi peu d’écoles et la plupart des professeurs restent en place jusqu’à leur retraite. Ceci dit, il serait plus simple de trouver quelque chose dans les petites écoles que dans les lycées. Comme j’enseigne le français et le sport dans le secondaire, je devrais peut-être me réorienter.

Vous venez d’acheter à Isfjorden, félicitations ! Mais c’est encore plus petit qu’Åndalsnes, pourquoi avoir fait ce choix ? Qu’en pense votre famille ?

Photo de la maison, comme elle apparaissait sur Finn 😉

Et bien justement, ça a été un vrai dilemme ! Åndalsnes et Isfjorden sont tous deux de superbes villages mais très différents.

Åndalsnes est plus grand et situé à la sortie de la vallée de Romsdalen. Le panorama est grandiose avec Romsdalshorn, Trolltindan et Vengetind/Venjetindan. Cet emplacement magnifique, lui fait malheureusement subir ce vent très violent appelé « Sjella » dû au changement de température entre les montagnes et le fjord. En contrepartie la proximité des différents services, de la vie de village et de la gare est imbattable.

D’autre part Isfjorden est situé à 6 km de là dans une baie calme, sans vent, et baignant dans le soleil. On est encerclés par l’emblématique Kirketaket, et l’on y voit également Vengetind et Romsdalshorn. La température y est toujours un peu plus froide (environ 5 degrés de moins) ce qui lui vaut son nom, mais ce qui garantit aussi une neige idéale et une saison plus longue !

Après six mois sur Åndalsnes nous avons donc troqué 15min de vélo contre un climat plus docile. Maintenant il ne nous reste plus qu’à attaquer les travaux avec les beaux jours !

Tristan : Ma famille est venue en visite cet automne justement, et nous avons pu en profiter pour leur montrer les deux endroits. Leur première réaction était un « wow » de la beauté des lieux, et surtout de la maison en question. Mais ils ont trouvé que les deux villages étaient un peu « encastrés » dans les montagnes, ce qui peut donner un sentiment de claustrophobie. Nous on contraire trouvons que cette proximité est incroyable, et le fait d’avoir le fjord à côté ouvre le paysage. Nous les avons fait dormir en hytte, fait faire quelques petites randonnées et une visite de la maison et le tour était joué : « à quand la prochaine visite ? ».

Vous êtes des grands fans de montagne et de sports d’hiver, vous m’avez d’ailleurs aidé à écrire notre guide sur le ski en Norvège. Combien de sorties à ski par mois depuis que vous êtes là-bas ?

Tristan en plein descente à côté d’Isfjorden

Tristan : C’est très facile de partir en ski de rando ici. À moins de 10 minutes en voiture il y a beaucoup de possibilités de sommets dont plusieurs qui se font en 2h aller-retour si on pousse un peu (comme Skarven ou Smørbotntind). Ce qui veut dire qu’il est possible de partir après le travail, et souvent le week-end pour des sommets plus longs (Kyrkjetaket, Kjøvskarstind). Donc cette saison je pense être sorti entre 20 et 30 fois !

Vous êtes tous les deux relativement bien intégrés en Norvège, avec chacun la demande de nationalité en cours ! Des conseils à donner pour ceux qui ont du mal ?

Il n’y a ni secret ni excuse, apprendre la langue c’est la clé ! Imaginons un peu comme il serait difficile de s’intégrer en France après des années sans parler français. Alors imaginons ensuite dans un pays où les habitants sont réputés comme étant distants. Impensable !

Pour pratiquer la langue, rien de tel que de s’inscrire  à des clubs ou associations où beaucoup de Norvégiens sont représentés : clubs de foot, de randonnées, Røde Kors (Croix-Rouge), etc.

Pour finir, quel est chacun votre endroit préféré en Norvège et pourquoi ?

Tristan : Je dois dire que je suis vraiment amoureux de la région de Møre og Romsdal. Il y a énormément de perles naturelles concentrées dans les deux départements de Sunnmøre et Romsdalen. On pourrait nommer les plus connues comme Geiranger, Trollstigen ou Trollveggen. Mais même en haute saison, il est possible de trouver des endroits magnifiques au calme comme à Sæbø, Molladalen ou Flø sur la côte. Si vous cherchez une destination sauvage pas trop loin d’Oslo, c’est une région superbe.

Marion: Le coup de foudre pour moi a été le Nordland. Senja est un joyau encore sauvage et unique, très proche et en même temps très loin des foules des Lofoten. Les nuances de turquoise, émeraude et verts y sont inégalables. De plus, les activités tant en montagnes que dans le fjord sont innombrables. Plus au nord, les glaciers de Lyngen impressionnent, et la lumière rasante jusqu’au Cap Nord me laisse à chaque fois sans mot. C’est une région vers laquelle j’aime revenir. Il ne passe pas une année sans un nouveau voyage en Nord-Norge.

Comment obtenir la résidence permanente en Norvège ?

La résidence permanente est un sujet qui sème souvent la confusion parmi les ressortissants étrangers en Norvège. Cette confusion s’explique, à notre avis, pour deux raisons :

  • Il existe 2 types de résidences permanentes : 
  • En pratique, les avantages supplémentaires du droit de résidence permanente sont minimes pour les citoyens de l’EU/EEE avec une activité professionnelle, puisqu’ils ont déjà le droit de résider en Norvège.

On clarifie ce thème pour vous dans cet article.

Pourquoi demander la résidence permanente ?

Si vous avez une activité professionnelle en Norvège, en tant que citoyens de l’UE / EEE vous avez par conséquent le droit de rester indéfiniment. À noter cependant que le certificat d’enregistrement (« registreringsbevis »), que l’on reçoit suite à l’enregistrement à la police quand on arrive, n’est PAS un document confirmant que l’on a un droit de résidence en Norvège. Pour prouver votre droit de résidence, il vous faut votre passeport et un contrat de travail, des bulletins de salaire, une preuve que vous êtes étudiant ou tout autre document similaire. Ce droit de résidence n’est donc pas vraiment permanent, il est attaché à votre statut en Norvège.

Comme le définit l’UDI, le droit de résidence permanente vous donne le droit de rester et de travailler indéfiniment en Norvège. Vous bénéficiez également d’une protection supplémentaire contre l’expulsion.

L’UDI n’est malheureusement pas plus explicite, mais les considérations suivantes sont à prendre en compte :

  • La demande de double nationalité est simplifiée quand on a déjà demandé et obtenu la résidence permanente auparavant.
  • Après avoir épuisé le droit au « dagpenger », la situation dans laquelle un citoyen français se retrouve s’il n’est pas qualifiable à l’équivalent du RSA norvégien n’est pas très claire.

Le futur étant aussi difficile à prévoir (comme l’était le Brexit ou la crise du Coronavirus), la Norvège pourrait peut-être un jour sortir de ces accords. Cela nous paraît improbable mais rien que la semaine dernière le gouvernement a parlé de mettre divers accords européens de côté dans leur fameuse « Kriseloven » : « mulighet til å sette EØS-avtalen og internasjonale konvensjoner til side » (mais, on vous rassure, rien en rapport direct avec le droit de résidence !).

Le droit de résidence permanente (« Varig oppholdsrett »)

Si vous êtes venu en Norvège en vous étant enregistré à la police via le « Registreringsordningen for EU/EØS-borgere », pour pouvez demander le droit de résidence permanente au bout de 5 ans !

Les documents exacts à fournir vont dépendre de votre situation et de vos sorties du territoire des 5 dernières années, il faudra donc vérifier par vous-même sur le site de l’UDI.

À noter que cette démarche est gratuite mais que ce droit « permanent » peut se perdre ! Notamment si vous avez fourni des informations erronées lors du processus ou si vous quittez la Norvège pour plus de 2 ans.

Vous êtes en Norvège depuis des années et vous ne savez plus si vous avez obtenu ce fameux « varig oppholdsrett » ? Malheureusement nous n’avons pas trouvé de moyen de vérifier son obtention passée…

Le permis de résidence permanente (« Permanent oppholdstillatelse »)

Ce permis concerne en général les citoyens qui ne sont pas de l’EU/EEE, sauf s’ils ont fait le choix d’immigrer sous le régime du regroupement familial. Les règles et réglementations de ce régime dépendent de la citoyenneté du membre de la famille déjà en Norvège et elles font distinction entre rejoindre un membre d’une famille existante et venir pour la formation d’une nouvelle famille, donc nous n’entrerons pas dans les détails. Le site de l’UDI est déjà assez complet.

Bien que la durée à attendre avant de pouvoir demander de ce permis est de seulement 3 ans, les démarches sont plus contraignantes. Il est souvent question de payer 10 500 nok pour la demande de regroupement familial puis 4 700 nok pour la demande de permis de résidence permanente, ainsi que de prouver (via des cours ou un examen) un certain niveau de norvégien.

Conclusion

Est-ce que cela vaut le coup d’obtenir la résidence permanente ? La réponse va dépendre de votre situation et de vos projets sur le long terme. Pour notre part, nous (Lorelou et Thomas) avions tous les deux demandé le droit de résidence permanente, avant de récemment faire notre demande de nationalité norvégienne.

Nous avons reçu cette question suite à la fermeture partielle des aéroports en Norvège et il n’y a pas à s’inquiéter : la résidence permanente n’est ni obligatoire pour revenir dans le pays ni pour y rester !

Quels sont vos droits du travail pendant la crise du COVID-19 en Norvège ?

Il y a, en gros, six cas de figure.

1) Hjemmekontor (Télétravail)

Vous êtes employé et votre employeur vous demande de travailler de chez vous (hjemmekontor). Vous avez le droit à votre salaire complet payé puisque vous travaillez à temps plein, juste de chez vous plutôt que du bureau. Aucune formalité à remplir.

2) Permittert (employé en congé par manque d’activité de l’entreprise)

Vous êtes employé et votre employeur vous a envoyé une notification comme quoi vous serez « permittert » car l’activité de son entreprise diminue ou même s’arrête totalement (c’est le cas par exemple de nombreux commerces, restaurants, salles de gym, etc.). Vous n’êtes pas licencié mais êtes mis en attente le temps que l’activité reprenne.

Vous êtes officiellement « permittert » 2 jours après avoir reçu la notification de votre employeur, donc 2 jours avec le salaire normal.

Ensuite, la loi sur ce sujet vient de changer (lundi 16 mars sous le nom de « krisepakke ») dû à la crise. Avant l’employeur était responsable du paiement à hauteur de 100% (dans la limite de 6G) du salaire de l’employé pendant 15 jours, puis au-delà NAV prenait le relais avec un remboursement de 62,4% du salaire.

Actuellement, le salaire est pris en charge par l’employeur pendant 2 jours seulement, puis par NAV jusqu’au 20ème jour (toujours dans une limite de 6G !). Au delà de ces 20 jours vous recevrez le dagpenger à hauteur de 80% de votre salaire si vous gagnez jusqu’à environ 300 000 kr, et 62,4% de votre salaire pour la tranche de 300 000 kr à 600 000 kr environ.

Exemples avec les nouvelles règles (en en simplifiant avec 1G = 100 000 kr) :

  • Un salaire de 200 000 kr deviendra un dagpenger de 160 000 kr (80% de 200 000 kr)
  • Un salaire de 450 000 kr deviendra un dagpenger de 333 600 kr (80% de 300 000 kr et 62.4% de 150 000 kr)
  • Un salaire de 700 000 kr deviendra un dagpenger de 427 200 kr (80% de 300 000 kr et 62.4% de 300 000 kr et … 0% de 100 000 kr)

Idem, vous pouvez maintenant toucher l’argent de NAV (dagpenger) uniquement si vous gagnez au minimum 0,75G, soit environ 75 000 kr, par an brut, vous n’êtes pas éligible sinon. La limite était de 150 000 kr avant le « krisepakke ».

Pendant cette période de permittering, votre employeur n’est pas autorisé à embaucher quelqu’un d’autre pour votre poste tant que vous n’êtes pas définitivement libéré.

Attention, il faut explicitement faire la demande à NAV après avoir reçu la notification de votre employeur ! NAV a mis à jour son site web avec la procédure à suivre.

Sources :

3) Vous êtes à la maison pour s’occuper des enfants car les écoles sont fermées

Vous êtes employé, pas forcément « permittert », mais vu que les écoles ont fermé vous êtes à la maison pour vous en occuper. Si vous êtes dans un emploi essentiel pour le fonctionnement du pays (voir liste ici) vous avez droit à une garde d’enfant. Sinon, vous devez vous en occuper même si vous pouviez à la base continuer à travailler.

Dans ce cas vous avez droit au « omsorgspenger ». NAV a créé une page spéciale pour répondre à toutes les questions sur le sujet dans la situation actuelle. L’employeur paie les 3 premiers jours puis NAV paie le reste, jusqu’à 20 jours par enfant de moins de 12 ans. Si vous avez plus de deux enfants, êtes parent isolé ou avez la garde partagée les règles changent (voir ici pour tous les cas de figure). Le site de NAV est en train d’être mis à jour au vu du soudain changement de loi de lundi de cette semaine.

Sources :

4) Vous êtes freelance ou auto-entrepreneur

Vous ne pouvez pas travailler, car vous êtes à la maison pour vous occuper des enfants. En tant qu’auto-entrepreneur enregistré en Norvège (par exemple avec un statut de enkeltpersonforetak) vous avez aussi droit à « omsorgspenger » mais uniquement à partir du 4ème jour (avant c’était après le 11ème jour mais cela vient d’être négocié dans le fameux krisepakke du gouvernement). Voir ici pour les règles s’appliquant aux auto-entrepreneurs.

Si vous ne pouvez pas travailler car perte d’activité, la TVA due au 15 avril est reportée.

Lundi 16 mars, le gouvernement a décidé que les travailleurs indépendants et les indépendants devraient également recevoir un soutien financier sous la forme d’une protection temporaire du revenu. Le soutien équivaut à 80% de votre revenu moyen au cours des trois dernières années, et vous pouvez obtenir un soutien à partir du 18è jour après avoir arrêté l’activité de votre entreprise (donc 17 jours sans travail).

Si vous avez récemment créé votre entreprise individuelle et que vous avez gagné un revenu en tant que salarié au cours des 36 derniers mois, vous pouvez, selon NAV, avoir droit à des allocations de chômage selon les règles habituelles.

Sources :

5) Vous êtes malade du COVID-19

Votre employeur paiera trois jours de congé maladie à taux plein puis NAV prendra la relève à taux plein. 

Les règles normales du congé maladie s’appliquent, à savoir 52 semaines à taux plein sur ordonnance d’un médecin (dans ce cas votre médecin traitant ou l’hôpital). 

Idem pour les indépendants, vous avez droit à des prestations de maladie à partir du 17e jour de maladie avec une couverture de 80%. Il est possible d’obtenir une assurance avec NAV qui raccourcit la période sans indemnité de maladie, mais vous devez avoir été assuré pendant quatre semaines avant l’entrée en vigueur des règles de l’assurance.

Sources :

6) Vous êtes employeur

Tout ce qui est cité précédemment vous concerne vu que votre entreprise doit payer un certain nombre de choses si vos employés sont dans les cas mentionnés. En revanche dans le krisepakke du gouvernement il est aussi stipulé que pour éviter les faillites, le paiement de la taxe patronale et de la TVA dues au 15 avril est reporté à une date ultérieure. La TVA basse de 12% applicable entre autres au secteur du tourisme est baissée à 8%. 

En savoir plus

Les employés de NAV sont surchargés de travail en ce moment, et c’est compréhensible. Si la réponse est votre question n’est pas sur leur site web, peut-être sera t’elle sur Hva har jeg krav på av Nav? 10 spørsmål og svar om utbetalinger etter koronautbruddet.

Qu’est ce que le taux « G » utilisé en Norvège ?

Toutes les dernières annonces du gouvernement norvégien suite à la crise COVID-19 liées aux salaires mentionnent le taux « G ». Il rend perplexe la plupart d’entre vous mais ça ne devrait pas être le cas ! La retraite, les congés parentaux et la plupart des assurances en dépendent.

Ce fameux « G », (qui vient de « Grunnbeløp ») est un taux utilisé comme base de calcul de la pension d’État norvégienne. Il est ajusté chaque année par le parlement norvégien. Depuis le 1er mai 2019, il vaut 99 858 kr. Ce nombre est tellement proche de 100 000 kr que l’on voit beaucoup la presse utiliser « environ 300 000 kr » pour parler de 3G alors que la valeur exacte est 299 574 kr.

L’exemple le plus brûlant est celui des « dagpenger », il faut normalement recevoir une rémunération de 1,5G pour en bénéficier, mais depuis le lundi 16 mai 2020 c’est limite a temporairement été abaissée à 0,5G. Soit 74 893,5 kr au lieu de 149 787 kr.

Autre exemple, qui n’a rien à voir avec le COVID-19 : si vous devenez invalides suite à un accident du travail par exemple, vous recevrez un soutien de NAV (uførepensjon). NAV vous paiera 66% de vos revenus brut, dans la limite de revenus de 6G. En gros, si votre salaire est supérieur à 599 148 kr, toute la partie au dessus ne sera pas comptée dans le calcul (c’est pour celà que certains employeurs prennent une partie de la différence et/ou il est vous est possible de payer pour une assurance qui compense : uføreforsikring).

Ce 6G se retrouve aussi dans les congés parentaux. Lors ce ces congés NAV ne paiera que jusqu’à ce montant, mais encore une fois certains employeurs compensent la différence.

Non, la Norvège n’a pas fermé ses frontières (mais pas loin)

Mises à jour

16 mars 12h47

Autre témoignage, qui n’a rien à voir avec celui reçu plut tôt dans la journée : Arrivé depuis Paris sur Air France. En bas des escalators et juste avant le duty free, longue queue pour les passeports. Ils lui ont demandé son personal number/d number et une preuve de résidence à Oslo. Puis, rien. Pas d’armée, pas de « questionnaire ». Même après avoir demandé à la police (les douanes), ils l’ont laissé filer.

16 mars 12h03

Un Français qui est passé parmi les contrôles à l’aéroport de Gardermoen nous as indiqué qu’avant l’embarquement, le personnel a demandé des preuves qu’il vivait bien en Norvège. Ce n’est évidemment pas un contrôle de frontière, mais par prévoyance pour s’assurer que le passager ne restera pas bloqué une fois arrivé à Oslo.

Dans le hall des tapis de bagage à Oslo, les militaires lui ont fait remplir un formulaire assez simple (il faut connaitre le nom de son fastlege – l’app de Helsenorge vous permet de vérifier si vous ne vous en souvenez pas), puis le montrer à un autre groupe de militaires qui vérifie les réponses, s’assure qu’on rentre directement chez soi et rappelle qu’il faut être en quarantaine 15 jours. Ils ne lui ont pas demandé son fødselsnummer.

Voilà les infos qu’ils demandaient (de mémoire) : Nom, adresse de résidence, année de naissance, nom du fastlege, ville de départ, villes parcourues durant le trajet (notamment pour les escales) où le coronavirus est déclaré, moyens de transport utilisés durant le voyage, numéro de tel, email.


Article original

L’annonce hier d’Erna Solberg a été titrée dans les journaux « La Norvège ferme ses frontières« . De nombreuses personnes ont commencé à paniquer en se disant « mais comment vais-je sortir de Norvège? » voire « comment vais-je rentrer?/venir? ». 

La Première ministre norvégienne Erna Solberg a déclaré fermer les aéroports et les ports à partir de Lundi 16 mars à 8h00 du matin. Mais la Norvège ne va pas exactement fermer ses frontières hermétiquement comme certains continuent de colporter, c’est un peu plus compliqué. Dû au Coronavirus et au risque d’infection voici ce qui a été décidé (attention cela peut changer très rapidement, donc se renseigner sur les sites officiels). 

  • Neuf (9) aéroports domestiques ferment : Vardø, Berlevåg, Sørkjosen, Stokmarknes, Svolvær, Mo i Rana, Mosjøen, Førde, Sandane. 
  • Oslo Gardermoen n’aura pas de fermeture hermétique de son aéroport. Notez aussi que les vols domestiques entre les aéroports non fermés sera encore possible. Par contre uniquement les voyages nécessaires seront acceptés (a priori si vous essayez de sortir du territoire avec un transit vers l’étranger). 
  • Si vous êtes un touriste ou une personne qui va déménager sous peu en Norvège la frontière est fermée pour vous. Si vous arrivez à prendre l’avion, le train ou le bus jusqu’ici vous serez renvoyé illico presto dans votre pays. Donc en gros pas la peine de vous déplacer, annulez vos billets ou reportez les. 
  • Si vous avez la nationalité norvégienne ou êtes travailleur de l’EEE, ou ayant une résidence permanente en Norvège vous pouvez entrer sur le territoire norvégien mais serez soumis à une quarantaine de 14 jours chez vous.
  • Si vous êtes un touriste ou un étranger souhaitant partir de la Norvège vous aurez la possibilité de sortir du territoire.
  • Tout voyage à l’étranger qui n’est pas nécessaire pour les Norvégiens et résidents n’est pas recommandé jusqu’au 14 avril.
  • Sachez aussi que tout personnel médical travaillant en Norvège (même étranger) n’a plus le droit de voyager hors du pays car peut être mobilisé à tout moment par le gouvernement.

Sources : Flyplassene stenger ikke sur VG, Travel advice via Helsenorge, Forbud mot utenlandsreiser for helsepersonell.

Alors si vous êtes désespéré, par exemple vous voulez partir mais les seuls avions qui partent sont pleins ou les billets coûtent trop cher, sachez que la Suède n’a pas fermé ses frontières aux étrangers donc il est possible de passer par la terre, rejoindre la Suède pour sortir de Norvège. 

Vous pouvez consulter en francais la page de l’ambassade de France en Norvège qui devrait être mise à jour au fur et à mesure des annonces du gouvernement norvégien.

Questions sans réponse officielle

  • Combien de temps la situation va rester ainsi pour les aéroports ?
    Aucune communication n’a été faite à ce sujet. Nous savons quand cela commence (Lundi 16 mais à 8H) mais pas quand cela s’arrête. 
  • Comment vont-ils vérifier que les étrangers qui reviennent sont bien résidents ?
    À priori ils pourront demander votre d-nummer ou fødselsnummer pour vérifier, mais ça ne mangera pas de pain d’avoir une copie de votre contrat de travail sur vous, voire même le papier d’enregistrement à la police ou preuve de résidence permanente.

Top 5 des perles architecturales en Norvège

Pour faire cette sélection totalement subjective et arbitraire de bâtiments avec une architecture insolite, nous avons utilisé les critères suivants :

  1. Ils peuvent être loués, ou au moins visités (donc pas de propriétés privées).
  2. Ils ne sont pas déjà vus et revus (comme l’est l’Opéra d’Oslo).
  3. Ils ont été réalisés ces 10 dernières années.

Sans surprise, beaucoup de ces bâtiments sont des chalets. Nous sommes en Norvège, ça ne s’invente pas !

#5 Tubakuba

Chalet à la porte d’entrée insolite (en forme de tunnel), il se situe sur le flanc de la montagne Fløya à Bergen.

Encore plus intéressant, il a été dessiné par l’école d’architecture de Bergen.

La nuit se réserve sur le site d’Aktiv Kommune.

#4 Fuglemyrhytta

Chalet géré par l’association de randonnée DNT, il est accessible après une petite randonnée depuis l’arrêt de T-Bane Vettakollen à Oslo.

Il a la particularité de ne pas du tout ressembler aux autres chalets DNT. Si son design vous rappelle l’Opéra d’Oslo, ce n’est pas un hasard, il a été dessiné par le même cabinet d’architecture : Snøhetta.

Réservation sur le site de DNT

#3 Under

En 2019, le premier restaurant sous l’eau d’Europe a ouvert en Norvège. Situé à Lindesnes, dans le sud de la Norvège, il offre la possibilité de découvrir un monde sous-marin mystérieux mais étonnant pendant le repas. 

Ce restaurant a aussi été dessiné par Snøhetta.

Réservation à faire longtemps à l’avance

#2 Manshausen

Ces chalets se trouvent … au bord de l’eau ! Plus précisément à quelques heures au nord de Bodø. Se trouvant sur une île, la fin de trajet se déroulera forcément sur un bateau.

Ces chalets ont été dessinés par l’architecte Snorre Stinesen.

Réservation sur le site du projet.

#1 The Twist

The Twist est à la fois une galerie d’art, un pont et une sculpture. Il se trouve dans Kistefos, un musée et parc de sculptures situé à environ 1 heure de route d’Oslo.

Ce pont a été ouvert au public le 18 septembre 2019 et a été réalisé par le cabinet d’architecture Bjarke Ingels Group.

En 2020, le musée sera ouvert du 24 mai au 11 octobre.


Bonus : Svart

C’est un peu de la triche, vu que c’est hôtel n’est sensé ouvrir qu’en 2022 (toutes les images sont des rendus et non des photos).

Mais la grande force de l’établissement sera ses caractéristiques écoresponsables. Si tout se passe bien, il devrait produire davantage d’énergie que ce dont il a besoin pour être fonctionnel. 

Le cabinet d’architectes Snøhetta (encore eux !) a travaillé sur cet hôtel avec une vue à 360 degrés sur le Svartisen, l’un des plus beaux glaciers de Norvège.

Que faire à Stavanger ? Calendrier des événements annuels dans la ville et les environs

Nous remercions Natasa de Stavanger Accueil pour l’écriture de cet article et sa contribution à LaNorvege.no. Stavanger Accueil est une association, animée par des bénévoles dont le but ultime est la création d’un tissu social chaleureux pour tous les francophones et francophiles de Stavanger !


Stavanger, ville portuaire, est situé dans le sud-ouest de la Norvège dans le comté du Rogaland. C’est la 4ème ville de Norvège avec ses 134 000 habitants (recensement 2019) et le centre de la 3ème agglomération norvégienne avec environ 212 000 habitants (agglomération Stavanger et Sandnes). Elle est la ville pétrolière et, bien qu’ayant des allures de gros bourg, cette activité lui donne une dimension internationale.

La ville est réputée pour être la plus grande cité en bois d’Europe : dix mille maisons en bois pour quelque 134 000 habitants, soit la plus grande concentration d’Europe. Elle est également réputée pour être la porte d’entrée du Lysefjord, magnifique fjord de 42km de long surplombé par le très célèbre Preikestolen (604m), le rocher de la chaire.

De nombreux évènements et activités animent la ville et les environs tout au long de l’année.

Février

SPIS FOR 100 : c’est un festival culinaire qui a lieu dans plusieurs restaurants de la ville de Stavanger. Né à Kristiansand il y a 10ans, le concept « un plat pour 100 kr » permet d’avoir accès à un plat bon marché et de découvrir de nouveaux lieux. Une très bonne expérience gustative.

100-UGÅ: c’est la même chose que « spis for 100 » et ce festival a lieu à Sandnes. De bonnes découvertes à la clé.

Mars

SIRDAL SKIMARATON : Chaque année à Sirdal, le sport favori des norvégiens, le ski de fond, est mis à l’honneur via le marathon et le semi-marathon. La course est conviviale et il est aisé d’observer les participants.

STAVANGER VINFEST : ce festival célèbre l’amour de la cuisine et du vin. Chaque année, plusieurs restaurants et bars de la ville s’associent aux plus grands vignerons du monde. Au niveau gastronomique, l’accent est mis sur les produits locaux.

Plusieurs évènements animent la ville : le train des vins, le dîner surprise, le déjeuner et les événements organisés par les différents sites.

SUR & BITTER : c’est un festival de bière sympathique qui a lieu à Sandnes où de nombreuses variétés de bières sont présentées par des professionnels. C’est une superbe occasion pour goûter et apprendre.

Avril

SIDDISLØPET : c’estune course à pied longue de 8,2km qui suit le chemin de gravier autour du lac Stokkavatnet. Au même moment, il y a également une course autour de lille Stokkavatnet, longue de 4,3km ainsi qu’un mini sprint pour les enfants.

Mai

MAI-JAZZ : c’est l’un des principaux festivals de jazz de Norvège qui présente chaque année des stars internationales et le meilleur du jazz national et local. Certains concerts sont gratuits.

  • Quand : début mai pendant une semaine (4 – 10 mai 2020)
  • Site Internet : http://maijazz.no

GRUNNLOVSDAGEN 1814 : c’est le jour de la Constitution = la fête nationale. Elle a lieu le 17 mai. Tous les norvégiens abandonnent leur look casual et portent leurs plus beaux vêtements ou le costume traditionnel appelé bunad, ainsi qu’un ruban aux couleurs du drapeau épinglé sur le côté gauche de la poitrine. Le drapeau est de sorti et chacun possède le sien. C’est une fête très joyeuse. Tout le monde est invité à la célébration : plusieurs défilés sont organisés, celui des enfants, des citoyens, des Russ (les lycéens qui passent leur bac) et des clubs de la ville et des environs.

Juin

MUSIKKFESTSTAVANGER : c’est l’équivalent de notre fête de la musique. De nombreux concerts sont organisés sur différentes scènes. Tous les concerts ont lieu à l’extérieur et sont gratuits.

ALTIBOX NORWAY CHESS : c’est l’un des plus grands tournois d’échecs internationaux où s’affrontent les meilleurs joueurs du monde entier. Vous pouvez assister aux matchs au Clarion Energy Hotel Stavanger.

VIKINGFESTIVALEN : Sur l’île de Karmøy a lieu le plus grand festival Vikings. Les «Vikings» de toute l’Europe se réunissent dans un cadre historique, avec des bâtiments reconstruits de l’époque. Au programme : des festins, des défilés et des soirées de contes.

LYSEFJORDEN INN : c’est l’ultra marathon le plus difficile de la région, une course de 62 km le long du magnifique Lysefjord = de Oanes au Lysebotn avec un dénivelé de 2500m.

MABLIS : c’est un festival de musique de tous genres qui a lieu dans un magnifique cadre naturel à Vålandsskogen près du centre-ville de Stavanger. C’est un événement familial qui met l’accent sur la durabilité, l’engagement social et les expériences.  Très bonne ambiance.

FLYDAGEN SOLA : des avions historiques sont présentés à Sola Flystasjon. Au programme : des expositions et un spectacle aérien.

DRAGEFESTIVALEN : c’est un festival international de cerfs-volants. Sola Drageklubb organise chaque année le plus grand et le plus ancien festival de dragons de Norvège sur Hellestøstranden à Sola. Petits et grands sont les bienvenus, au programme : construction de son cerf-volant et vol.

THORXTRI: C’est un triathlon extrême. La course débute au Lysebotn et se termine aux 3 épées à Stavanger. La course consiste en 3.8km de natation dans l’eau vivifiante du Lysefjord, 180km de vélo dans les montagnes pour finir par un marathon le long de la côte.

TROLLJEGER : C’est une course à faire individuellement ou en équipe :  environ 30-40 obstacles répartis sur une distance de 8 km. Le sentier passe entre les collines et les montagnes, dans les ruisseaux, à travers les marais, les forêts et la nature norvégienne brute.

SANKTHANSBÅL : C’est le feu de la Saint Jean. Plusieurs feux sont allumés en début de soirée un peu partout dans la ville et les environs. Ambiance conviviale.

FLØRLITRAPPENE OPP : C’est une course à pied de 10.4 km, mais pas des plus simples. La course débute au quai de Flørli, puis immédiatement c’est l’ascension de l’escalier aux 4444 marches en bois pour arriver ensuite au point culminant de 829m et redescendre sur le quai.

Juillet

RANGLEROCK : c’est un festival de rock qui a lieu à Bryne et qui met à l’honneur des groupes locaux, nationaux et internationaux.

  • Quand : début juin pendant 2 jours (19ème édition : 10 & 11 juillet 2020)
  • Site Internet : https://ranglerock.no

GLADMAT : C’est le plus grand festival gastronomique de Scandinavie, 250 000 visiteurs s’y précipitent chaque année. Il a pour ambition de faire découvrir la gastronomie au grand public et les traditions culinaires de la région. Les restaurants de la ville ainsi que des restaurateurs étrangers ouvrent des stands sur le trottoir du centre-ville de Stavanger et proposent des plats intéressants. Plusieurs activités et divertissements animent la ville.

Août

BLINK SKI FESTIVALEN : C’est le festival de ski d’été qui a lieu à Sandnes, Gjesdal and Lysebotn. Le festival débute à Ålgård par une course classique de ski à roulettes puis le lendemain au Lysebotn avec ascension des multiples lacets jusqu’au Øygardstøl et enfin le festival se termine par une course qui se déroulera dans le centre de Sandnes où les meilleurs skieurs de biathlon et de cross-country du monde s’affronteront.

KAMMER MUSIKK : fondé en 1991, au fil des années c’est devenu l’un des plus beaux festivals de musique de chambre au monde. Des musiciens de renom se produisent avec des artistes jeunes et prometteurs. Le festival se concentre principalement sur la musique classique avec quelques œuvres contemporaines.

SILDAJAZZ : C’est un festival de jazz qui a lieu à Haugesund. Il se trouve à l’écart des circuits touristiques mais il est suffisamment prestigieux pour attirer de grands noms. Il attire plutôt un public local. Ce festival vaut le détour.

  • Quand : début août pendant 5 jours (34ème édition : du 5 au 9 août 2020)
  • Site Internet : https://sildajazz.no

UTOPIA : c’est le plus gros festival de musique de la région avec des artistes internationaux pop, dance ou musique urbaine qui a lieu dans le centre-ville de Stavanger.

STAVANGER MARATHON : le marathon a lieu dans le centre de la ville et autour. Si le marathon vous semble trop ambitieux, il y a également le semi-marathon, un 5km et une course de 600m pour les enfants.

Septembre

NUART FESTIVAL : ce festival qui a lieu à Stavanger fait partie de l’un des meilleurs festivals du monde des arts de rue. Au programme : des débats, des expositions, une journée familiale avec de nombreuses activités pour petits & grands et pour clore le festival un tour de la ville afin de visualiser les nouvelles œuvres réalisées.

SKEIVÅ : ce festival a pour objectif de promouvoir la solidarité, la diversité, l’ouverture et l’inclusion.Au programme de la semaine, de l’histoire, des débats, une randonnée, de la musique, des activités. Le festival clôture par la marche de la fierté.

PREIKESTOLEN MARATON & HALVMARATON : pour les plus courageux et pour ceux qui n’ont pas le vertige, ces deux courses consistent à réaliser plusieurs tours du parcours menant jusqu’au Preikestolen, cette fameuse falaise qui surplombe de ses 604 m de haut le Lysefjord.

KAPITTEL : c’est le festival international de la littérature et de la liberté d’expression.  L’objectif est de mettre en avant de nouvelles voix littéraires et d’être un lieu de rendez-vous d’écrivains norvégiens et internationaux. De nombreuses conférences sont en anglais.

FORSKNINGSDAGENE : les semaines de la science ont lieu à travers tout le pays. Au programme de Stavanger : des lectures, des discussions, de nombreuses démonstrations ont lieux dans la ville et aux alentours. Et le premier samedi, sur la place Torget du centre-ville, il y a une exposition pour petits et grands où chacun peut réaliser diverses expériences. Conviviale et intéressant pour les plus jeunes.

ØKOUKA : C’est la célébration de la nourriture biologique norvégienne en mettant l’accent sur les matières premières et le commerce équitable.  De nombreux événements ont lieu dans le Rogaland, des cours, des conférences, des dîners et également à Stavanger au Kongsgård skolegård, un petit-déjeuner offert.

  • Quand : fin septembre pendant une semaine (du 21 au 29 septembre 2020)
  • Site Internet : https://www.okouka.no

Octobre

MUSEUMSNATT : C’est la nuit des musées dans deux musées de la ville : Stavanger museum et Arkeologisk museum. L’entrée est gratuite et il y a de nombreuses animations pour petits et grands.

Novembre

LYKTER BAK DALSNUTEN : A la nuit tombée, les trolls sortent de la montagne, les sorcières se préparent à vous accueillir. Ces étranges créatures vous attendent pour une soirée magique où danse et musique se mêlent au mystère ! Au programme, une randonnée nocturne d’environ 1,2km sur le site du Dalsnuten tout en lumière. Une ballade ponctuée de nombreuses surprises, recommandée à partir de 4 ans.

3-SJØERSLØPET : c’est le semi-marathon de Stavanger autour des 3 lacs, Mosvatnet, Stokkavatnet et Hålandsvatnet, une course agréable avec de jolis paysages qui signe la fin de saison pour de nombreux coureurs.

Décembre

Noël se prépare tout au long du mois de décembre par une succession d’événements autour de la lumière, de la gastronomie et des traditions religieuses dans les différents endroits de la ville. N’hésitez pas à aller au restaurant pour goûter les plats typiques de Noël, pinnekjøtt (mouton), ribbe (porc) et lutefisk (poisson).


 Vous avez, vous aussi, envie de partager vos connaissances sur des villes telles que Bergen, Bodø, Trondheim ou autre ? Contactez-nous !

Découverte historique des quartiers d’Oslo Est — 2ème partie

Histoire et traditions au berceau d’Oslo

Etterstadgata, rue d’Etterstad, dans le quartier de Vålerenga, au nord de Gamle Byen

Poursuivons notre (re)découverte des quartiers est d’Oslo que l’on appelle aussi en norvégien østkanten [euskanten] (littéralement bord/bordure est) ou partie est. Nous ferons la découverte des quartiers suivants : Kampen et Vålerenga, Tøyen (teuyien), Sofienberg et Grünerløkka (Gruneurleukka) au fil de la rivière Aker ou Akerselva, avant de finir depuis Grünerløkka sur Sagene et Torshov. Dans la suite de la série nous voyagerons dans l’hypercentre autour de la Karl Johans gate, la grande avenue d’Oslo et le centre est (Vaterland, Hammersborg et le Regjeringskvartalet- le quartier du gouvernement).

Carte d’Oslo

Vålerenga et Kampen

Våleranga (inclus Galgeberg et Etterstad)

À l’est de Grønland (Greunland) et au nord de Gamle Byen se trouve le quartier de Vålerenga (Volerenga) aux maisons colorées traditionnelles en bois typiques des pays nordiques.

Il n’y a pas d’autre endroit dans la capitale où l’appartenance patriotique ou populaire à un quartier est toujours aussi forte que précisément à Vålerenga. On peut se demander comment cela est devenu ainsi puisque les plus pauvres habitations en bois a grandi (vokste opp) hors des limites de la ville (bygrenser) dans les années 1860 et 1870 le patriotisme n’était surement pas grand. Les demandeurs d’emploi et les personnes pauvres qui venaient des villages n’avaient pas de quoi crier « hourra » ici dans ce « slummen » (bidonville).

Ainsi est décrit le quartier dans le livre Vålerenga bydel med sjel (Vålerenga un quartier avec une âme).

Le quartier se situe au nord de la vieille ville Gamle Byen près d’un endroit appelé Galgeberg (galge « potence , berg « montagne) où le roi de Norvège combattit une révolte celles des balgerne en 1197 et en 1240 le seigneur Skule (Skule Jarl) défit également le roi Håkon IV Håkonsson. Ces batailles peuvent expliquer le nom du quartier voisin de Kampen signifiant lutte, affrontement, bataille.

Le nom Våler + enga ( eng « pré, prairie ») dérive du nom Volvin puis Volin, le nom d’un domaine établi dès la période entre 5000 et 2000 avant notre ère. Le nom de Volin ou Volvin signifie couloir herbeux (gressgang) ou terre cultivable et est mentionné dès le bas Moyen Âge (middelalder) en 1453 dans un livre « Røde bok » (reude bouk) ou Livre Rouge répertoriant les biens fonciers ou propriété foncière (jordgods). En 1589 un certain Peder Svendsen reçoit le domaine (gård/gaard/gard) de Volin du roi de Danemark-Norvège Christian IV (1588-1648), fondateur de Christiania (1624). Le nom de Volin se change en « Waaler-eng » en 1723 et appartient à l’évêché puis en Vaalerengen (forme ancienne de Vålerengen) au XIXe siècle. Le Vålerengen Hovedgård (domaine principal de Vålerenga) fut le centre du quartier (aujourd’hui l’église). C’est aussi au XIXe siècle que furent implantés la tuilerie (teglverk) de Jordal (entre Vålerenga, Galgeberg et Kampen) puis le moulin (kvern) par Oluf Onsum. Celui-ci construisit Svendengen Teglverk (tuilerie). Vålerenga s’est donc développé comme un quartier industriel peuplé de travailleurs et « classes laborieuses ».

En 1878 Vålerenga est intégré dans la Ville d’Oslo ou à l’époque Kristiania. Le quartier se développe et s’équipe des institutions de base : le commissariat de police (politstasjon), l’école (skole) en 1895 et l’église en 1902. En 1900 le tramway appelé trikk arrive dans le quartier. Il desservira le quartier jusqu’en 22 juin 1968.

Si nous connaissons le quartier de Vålerenga s’est pour deux raisons.

En premier pour son mythique club de football le Vålerenga Idrettsforening ou VIF (Vålerenga Association Sportive) fondé le 29 juillet 1913. Vålerenga ou VIF est le club de la capitale d’Oslo comme le Paris Saint-Germain est le club de Paris. La devise du club est « Vi tapper aldri » (nous ne perdons jamais).

Est moins connu son club de hockey sur glace (ishockey). Le club fit la fierté d’Oslo en remportant 21 fois le championnat de Norvège ou Norgesmesterskap (NM) en196et 2011.

En second et dernier lieu ; Alfred Eriksen pasteur de la paroisse de 1910 jusqu’à sa mort en 1934 publia une série d’articles sur l’histoire de Vålerenga dans le célèbre quotidien norvégien Aftenposten (poste/journal du soir) l’équivalent ; à mon avis, du Monde en France (photo extraite de Vålerenga bydel med sjel, page 13).

Petit panaroma de Vålerenga en image :

En plus des tuileries et moulins le quartier possédait de nombreuses usines comme usine d’acide carbonique (kullsyre) de biscuit (Sætre Kjeksfabrikk), d’allumettes (fyrstikk) et de fromage (ostefabrikken).

Pour finir Vålerenga est un quartier qui a subi l’occupation allemande puisque la Norvège comme beaucoup de pays était occupée par l’Allemagne nazie depuis le 9 avril 1940. À Etterstad il y avait un camp de prisonniers (fangeleir) notamment des prisonniers soviétiques. À l’automne 1944 plusieurs opérations de sabotage furent conduites par la Résistance ou hjemmefront (front intérieur) à Vålerenga et Kampen. Le 27 décembre explosa un garage de réparation des véhicules pour la Wehrmacht, l’armée allemande. L’explosion alla jusqu’au stade voisin de Jordal- entre Vålerenga et Kampen.

Kampen

Le nom de Kampen issue du mot allemand Kampf signifie lutte, affrontement, combat ou encore bataille (match ou rencontre dans un contexte sportif). Kampen est bien entendu très lié à Vålerenga. Nous parlerons principalement des « kamper » des batailles et des affrontements surtout à la période médiévale et moderne. Pourtant quand on regarde et explore ce quartier rien ne laisse le présager entre maisons en bois traditionnels colorées donnant un cachet à ce quartier comme si le temps s’était arrêté dans les années 1950. Le rouge côtoie tant le vert, le jaune, le bleu et même le rose et le violet.

Le quartier possède beaucoup de rues typiques aux couleurs vives. Cette rue s’appelle symboliquement la Nordmannsgate, la rue du « Norvégien » :

Le quartier de Kampen est lié à l’histoire mouvementée de la ville au Moyen Âge. Comme nous l’avons précédemment esquissé le roi Sverre (1180-1203) et ses partisans affrontèrent une rébellion paysanne de vaste ampleur et la vieille ville d’Oslo fut entre les mains de la rébellion dite des Baglerne un mouvement combattant pour le pouvoir (économique et politique) de l’Église puisque le terme bagler provient du vieux norvégien ou norrois bagall faisant référence à la crosse de l’évêque (bispestav). Le roi et ses partisans les birkebeiner affrontèrent lors de la guerre civile les baglerne pour imposer le pouvoir royal. Le roi Sverre affronta les baglerne en 1197 puis à nouveau en 1200 lors de combats violents à Oslo donc près de Kampen à Galgeberg mais également des révoltes paysannes des régions alentour. Les fils du roi Sigurd et Håkon III affrontèrent les paysans près du « moulin » (Kværner). Finalement le roi Sverre eut raison de ses adversaires à force d’abnégation. En 1240 Håkon IV Håkonsson affronta le seigneur Skule ou Skule Jarl finit par battre mettant fin à la guerre civile. Les quartiers de Kampen og Vålerenga sont proches et voisins mais furent aussi rivales notamment les enfants des deux quartiers s’affrontent. Le matériel de guerre des kampegutta (les garçons de Kampen) et vålerenggutta (les garçons de Vålerenga) : ce sont cailloux et des bâtons façon Guerre des Boutons.

L’église de Kampen ou Kampen kirke fut comme beaucoup d’églises à Oslo achevé en 1882

Tøyen

Le quartier de Tøyen se situe au nord-est de Grønland et au nord-ouest de Kampen. Le nom de Tøyen selon le Stor Norske Leksikon (le grand lexique norvégien) viendrait du vieux norrois tod (toud) signifie « engrais » et le suffixe -vin « prairie naturelle » soit prairie fertile. Il est vrai que lorsque l’on s’éloigne du centre de Tøyen ou Tøyen Torg où se trouve la station de métro (sur la Ringlinien n°5) on trouve beaucoup de paysage vert loin des immeubles.

Tøyen compte deux parcs le Tøyenparken où se trouve la piscine de Tøyen ou Tøyenbadet. Le quartier de Tøyen abrite également le Jardin Botanique (Botanisk Hage) à la limite avec le quartier de Grünerløkka-Sofienberg, C’est au centre du Jardin Botanique que l’on trouve le domaine et manoir de Tøyen gård qui donna son nom au quartier. Dans le Jardin Botanique on trouve également plusieurs musées comme le Musée Botanique, le Musée d’Histoire Naturelle et le Musée Munch dédié à l’artiste et peintre norvégien mondialement connu Edvard Munch auteur du célèbre Le Cri (Skrik).

Tøyenparken

L’histoire de ce lieu est très liée à son domaine mais aussi à son possesseur Jens Bjelke qui occupa la haute fonction de kansler (chancelier) et domina la vie politique norvégienne de 1614 à 1659, date de sa mort. La rue qui longe le Jardin Botanique vers Grünerløkka se nomme la Jens Bjelkes gate. Bjelke acheta un domaine à Tøyen en 1635 ou 1636. En 1812, Tøyen fut racheté par la monarchie précisément le roi Frederik VI dernier roi de Danemark a régné sur la Norvège (r.1808-1814). C’est précisément en 1814 l’année sans pareil de la Norvège que fut créé le Jardin Botanique.

Au cœur du Jardin Botanique on trouve le domaine de Tøyen gård :

  Voici quelques autres clichés :

Le fjellhagen est ainsi nommé en raison des nombreux rochers qu’ils comportent mais il se compose de ruisseaux et cet étang.

Dans le Jardin Botanique on trouve des milliers d’espèces de plantes et herbes, y compris des espèces menacées d’extinction mais également des espèces de tous les continents comme le gingko dans la partie asiatique. On trouve également des serres et plusieurs jardins spécifiques.

Nous avons par exemple le urtehagen (de urte « herbes, plante) dans ce que l’on appelle le klosterhagen en raison de sa forme d’ancienne cour de cloître ou kloster.

À côté on trouve le jardin potager avec par exemple des choux, des oignons, de l’ail, et cetera. En norvégien on appelle un jardin potager, kjøkkenhage car kjøkken (cheukkeun) signifie cuisine. C’est donc le « jardin pour la cuisine » (ci-dessous).

Dernier jardin du côté de la Bjelkes gate se trouve le vikinghagen ou jardin viking. Ce jardin en forme de drakkar viking permet d’apprendre quelles plantes utilisaient les Scandinaves de l’époque viking (VIIIe-XIe) quelles plantes ils cultivaient, les plaintes tinctoriales pour colorer les vêtements. C’est très instructif. À voir.

Le Vikinghagen. Jardin viking du Jardin Botanique.

Tøyen, un quartier d’artistes ?

Tøyen comme d’autres quartiers d’Oslo comme Grønland, est un quartier où s’exprime l’art de rue.

Le quartier de Tøyen est en effet très lié à un musée, le Musée Munch, le Munch Museet (qui déménage en 2020 à Bjørvika dans le bâtiment nommé Lambda.

Edvard Munch (1863-1944) est un peintre et un graphiste norvégien. Avec le musicien Grieg et les écrivains Henrik Ibsen et Bjørstjerne Bjørnsson, Munch est l’un des artistes norvégiens mondialement connus. Nous consacrerons dans laNorvege.no des articles sur les artistes et les hommes et femmes remarquables norvégien(ne)s.

Le musée Munch date de 1963 et fut agrandi en 1944 lors du cinquantenaire de la mort de 1994. Le musée comprend plus de 1000 toiles, 4500 dessins et 17 000 gravures.

Edvard Munch a aussi vécu à Paris en 1889. Ces ouevres les plus connues datent des années 1890 comme Le Cri (Skrik) 1893, Angoisse (Angst) 1894, Jeune Femme sur la plage Ung kvinne på stranda en 1896 et le Baiser ou Kyss (chuss) en 1897.

Skrik (Cri) 1893 sans doute la toile la plus célèbre de l’artiste montrant son courant de peinture, l’expressionnisme.

Le Cri

Ainsi s’achève notre deuxième partie à la découverte des quartiers est d’Oslo. La troisième et dernière partie explorera les quartiers le long de l’Akerselva (Grünerløkka-Sofienberg, Torshov et Sagene, des quartiers entre nature et héritage industriel.

Axel Guillemin, pâtissier « option végan » et faiseur de mèmes

C’est une recommandation de profil sur Instagram qui m’a fait découvrir Axel. Cela aurait pu être un profil de pâtissier comme il en existe beaucoup, mais la plupart de ses pâtisseries étant véganes et une forte présence de mèmes ont piqué ma curiosité !

Note : les définitions de « mème internet » sur Wikipedia et sur Larousse n’étant pas très claires, disons pour simplifier que les mèmes se présentent sous la forme d’une image décalée accompagnée d’un texte humoristique ou sarcastique écrit en lettres majuscules.

Mes expériences avec la pâtisserie végane ayant toujours été des échecs (aussi bien en tant que cuisinier qu’en tant que consommateur), j’étais curieux d’en savoir plus. D’autant plus qu’Axel travaille dans un hôtel relativement coté d’Oslo (Voksenåsen), un domaine où l’offre végane est en général limitée.

J’ai donc pris contact et après quelques échanges, j’ai pris le T-Bane et suis allé à sa rencontre sur son lieu de travail pour réaliser ce premier « Portrait de Français ».

Thomas : Pourquoi et comment es-tu arrivée en Norvège ?

Axel : Je suis arrivé en Norvège en 2016. Je suis venu en Norvège parce que j’aime passer l’essentiel de mon temps libre dehors en forêt et parce qu’ayant travaillé pour plusieurs membres français de l’association Relais Dessert International, j’avais de solides références pour trouver un premier poste ici. À l’origine, je ne pensais pas rester à Oslo et prévoyais d’aller un peu plus au nord, car j’avais peur que la ville soit trop « grande » et n’offre pas cet accès incroyablement facile à la nature que je cherchais.

Je n’avais jamais entendu parler de Vokenåsen alors que j’habite depuis des années à Oslo. Peux-tu m’en dire plus ?

Voksenåsen est le centre pour la coopération suédo-norvégienne à Oslo, détenu par le Ministère de la Culture suédois. Notre mission est d’organiser des activités destinées à améliorer la relation entre ces deux pays et nous hébergeons ainsi nombre d’évènements autour de cette thématique, avec un accent particulier sur la diversité, l’égalité et la jeunesse. Le lieu lui-même a été offert par la Norvège à la Suède en remerciement de l’aide fournie pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Au-delà du centre culturel nous sommes également un centre de conférence, un hôtel et un restaurant accueillants des conférences ouvertes, groupes de travail, séminaires d’entreprise, réceptions d’anniversaire, de mariages ou simplement des gens de passage ici pour manger et/ou dormir. Nous avons cette particularité d’être très excentrés, en bordure du Nordmarka (la forêt au nord d’Oslo), et en même temps d’être très accessible que ce soit en voiture ou en transport, ce qui attire des groupes qui cherchent un lieu plus calme que les grands hôtels du centre, mais désirant toujours un bon niveau de prestations.

Gastronomiquement, nous proposons une cuisine qui s’ancre dans les terroirs et traditions culinaires des deux pays sur lesquels nous apportons un éclairage frais et contemporain. Nous nous inscrivons ainsi en cohérence avec cette idée d’une société multiculturelle et ouverte sur le monde que ce lieu cherche à promouvoir. Notre équipe en est elle-même le reflet puisque, si elle est majoritairement suédo-norvégienne, tu as quelques éléments étrangers qui s’y intègrent et expriment leur vision.

J’ai bien conscience que ça sonne un peu publicité, mais c’est véritablement un des plus beaux endroits – dans le cadre comme dans l’offre – où il m’ait été donné de travailler et je suis super fier de ce qu’on y propose, donc j’ai du mal à ne pas être hyper-enthousiaste !

Voksenåsen, à 10 minutes à pied de l’arrêt Voksenkollen (T-bane 1)

De mon point de vue d’amateur, tes pâtisseries véganes que j’ai vues sur Instagram m’ont l’air très élégantes ! Est-ce qu’en proposer sur le menu était une demande de l’hôtel ou elle est venue de toi ?

La pâtisserie végane ne faisait pas du tout partie du cahier des charges qui m’a été donné et ce n’est pas quelque chose que nous mettons en avant en tant que tel pour l’instant. C’est peut-être pour ça qu’elle te semble « élégante » car ça ne doit jamais être pour moi une excuse pour proposer un produit simpliste ou en deçà de notre offre habituelle.

Un autre facteur contribuant à cette impression serait peut-être mon approche relativement minimaliste des desserts en général : je viens de réaliser que hors demandes spécifiques je n’utilise plus jamais de glaçage, de colorant ou d’éléments purement décoratifs, sinon parfois quelques carrés ou tiges en chocolat. Quand les composants d’un dessert sont directement visibles, cela te force à leur accorder une attention supplémentaire, tu les façonnes et tu retrouves la dimension véritablement artisanale du métier. Je pense que cette absence de superflu contribue également au côté « travaillé » car on sort de l’habitude silicone/mousse/insert/biscuit/glaçage/décors.

Cet état d’esprit est complémentaire d’une certaine idée de franchise dans les ingrédients : je n’utilise plus de gélatine parce que je n’arrive pas à associer mentalement moelle, tendon et peau de porc ou de bœuf (ndlr: les ingrédients de la gélatine) avec la pâtisserie et me tourne le plus possible vers des matières brutes. Je fais mes propres laits végétaux et je me refuse à utiliser de la margarine, parce que je ne serais pas si à l’aise à parler fièrement de la liste de leurs ingrédients. C’est peut-être le point noir de l’offre végane qui se développe, le label y est, mais dès que tu creuses un peu…

Pourquoi proposer de la pâtisserie végane ?

Cela tient à la fois du souhait personnel, car c’est un régime vers lequel je tends personnellement, mais aussi d’une observation qui m’est venu assez naturellement après quelques semaines dans ce nouvel environnement : l’accueil de groupes implique une part importante de clients avec des demandes particulières. Lorsque je travaillais dans un autre hôtel avec le même type de clientèle, nous servions systématiquement des salades de fruits, ce qui me frustrait énormément en tant que pâtissier. En prenant les devants, j’offre de meilleurs produits à mes clients et me retrouve moins impacté par des ajouts ou annulations dans ces demandes particulières, limitant ainsi le gaspillage alimentaire. Il faut bien comprendre que la plupart des « problèmes » qu’ont les cuisiniers avec ces demandes vient justement de ces difficultés organisationnelles. D’ailleurs le chef Inge Johnsen a donné une très bonne interview sur ce sujet à NRK.

C’est cette même idée qui me pousse vers l’usage de matières premières brutes et une approche plus globale des ressources. Je redécouvre des méthodes de préparation ou de conservation « à l’ancienne », quand les matières premières étaient le premier poste de dépense et qu’il était nécessaire d’en tirer le maximum. Je me suis par exemple mis à confire mes propres écorces d’agrumes : cela me permet d’utiliser des fruits frais au lieu de purées emballées, de produire un élément de dégustation supplémentaire et de redécouvrir une technique qui s’oublie. La tradition culinaire française était « Zéro Déchet » avant l’heure, il suffit de pouvoir s’en redonner le temps.

Quel est le retour des clients ? De ton employeur ?

Les retours sont très bons : les clients directement concernés sont très heureux d’avoir les mêmes desserts que le reste du groupe et pour « les autres » c’est en général le fait que les premiers en parlent qui leur fait réaliser que le leur l’était aussi ! Chose amusante, cela leur permet parfois d’ouvrir la discussion sur ces sujets et ils les abordent d’autant plus facilement qu’ils ont eu l’occasion d’apprécier par eux-mêmes que ça pouvait être bon et beau.

L’entreprise est aussi très satisfaite de cette offre, tant pour ce que ça a de bénéfique sur l’organisation de mon poste que pour le simple fait de proposer de bons produits au plus de clients possible. D’ailleurs, la cuisine devrait avoir pour la première fois de son histoire une entrée végane dans un des deux prochains menus ! Pour cela, on a commencé à travailler sur la fabrication d’un tempeh maison et ça ouvre d’intéressantes perspectives.

Il nous semble qu’il est encore un peu tôt pour envisager d’avoir un de nos menus qui soit 100% végan, surtout après l’affaire du Julebord végan de la nouvelle municipalité d’Oslo (où 80 % des convives ont demandé à avoir du poisson ou de la viande en remplacement du menu prévu), mais on travaille énormément pour essayer de composer un menu alternatif pour les clients qui seront demandeurs.

Quelle est la pâtisserie dont tu es le plus fier (végane ou pas) ?

Hmmm, mes sentiments sont partagés à ce sujet.

Une partie de moi dirait que le gâteau dont je suis le plus fier à l’heure actuelle est mon Kvæfjordkake (aussi appelé Verdens Beste), que ce soit dans sa version à partager ou en assiette. C’était un exercice terrifiant pour moi que de me confronter à quelque chose de si différent de n’importe quel gâteau que l’on a en France, seulement deux semaines après avoir commencé et avec la peur d’être jugé sur un gâteau que tous les Norvégiens connaissent et apprécient. J’ai commencé par m’essayer à la recette traditionnelle, puis une fois maîtrisée je me suis permis de la réinterpréter (cf. photo en encart) avec mes propres techniques et mon idée de ce qu’en serait la meilleure version possible. Maintenant tout le monde me dit que c’est un des meilleurs et des plus élégants qu’ils aient mangés, donc je suis forcément très heureux d’avoir su satisfaire leurs attentes.

De l’autre côté, il y a le plaisir de faire découvrir des nouveautés et de surprendre. Dans ce domaine je suis extrêmement content de la pomme façon « tatin », que j’ai proposée servie sur un biscuit moelleux à la châtaigne et accompagnée d’un sorbet aux choux rouges, citron vert et baie de genièvre (cf. photo en encart). Ce dessert m’a demandé beaucoup de travail pour obtenir une pomme fondante avec un goût profond de caramel et pour équilibrer le sorbet pour qu’il soit surprenant sans rentrer dans la catégorie « expérimentale » qui a tendance à devenir un « gimmick ». C’est à partir de ce dessert que j’ai convaincu l’équipe en cuisine que les desserts végans pouvaient être intéressants, et où j’ai commencé à définir le style gustatif et visuel que je voulais proposer.

Personnellement je suis fatigué des bløtkaker et des marsipankaker. Dès qu’il y a quelque chose à fêter au travail on y a droit et il n’est pas question d’avoir autre chose ! Je trouve qu’en général leurs pâtisseries manquent de finesse. D’accord ou pas ?

D’accord, mais le sujet mérite de prendre un peu de recul.

Déjà sur notre image biaisée de la pâtisserie française : l’offre dans la majorité des boutiques n’a pas toujours été aussi fine et ça fait moins d’une dizaine d’années que l’on est majoritairement sortis des gros éclairs et tartes aux fruits jetés en vrac sur une boule de crème pâtissière gélatineuse.

De l’autre côté la Norvège n’a pas la même relation à la pâtisserie, il n’y a pas d’habitude semblable au goûter ou au « Fika » suédois et l’histoire de pauvreté du pays y est sûrement pour quelque chose : tu n’as, par exemple, pas de salon de thé historique ouvert depuis le 19ème siècle qui diffuserait ce mythe et très peu d’offres véritablement artisanales.

Cette idée répandue que « leur pâtisserie » manque de finesse a été une excuse facile pour proposer des produits médiocres, mais il y a toute une nouvelle scène de la boulangerie-pâtisserie et la communauté française aurait un rôle important à jouer dans sa diffusion (au lieu d’inviter tout de monde à acheter ses galettes à Picard. ;)).

Il n’y a pas – pour moi – de pâtisserie norvégienne immanente, juste une histoire sur laquelle s’appuyer et un avenir à déterminer, par tâtonnements. Quand on reste dans des propositions originales, on peut toujours se réfugier derrière un « ce n’est pas à votre goût » pour rejeter la critique, mais lorsqu’on propose un Napoleonskake on risque de tomber de haut. C’est un exercice que beaucoup préfèrent éviter alors que c’est peut-être l’un des plus enrichissants et aussi celui qui est le plus a même de créer une culture et une appétence pour cette culture.

Tu es aussi connu sur Instagram pour tes mèmes spécifiques à la pâtisserie, n’est-ce pas ? Comment expliquerais-tu ce qu’est un mème ?

Encore un sujet vaste et compliqué ! Rapidement : il s’agit d’un élément culturel se transmettant au sein d’un groupe. Le plus souvent il s’agit d’une image ou un texte dont on se sert pour faire passer une idée en lien avec une culture, la culture de la cuisine et de la pâtisserie dans mon cas. Et qui est drôle, ou en tout cas qui se veut drôle.

Parfois l’idée est si absurde qu’elle est immédiatement amusante, parfois c’est l’éclairage cynique qu’elle apporte sur une situation autrement dramatique qui la rend étrangement sympathique.

Pourquoi créer des mèmes ? As-tu rencontré des gens via cette communauté ?

Le but premier, c’est de faire sourire, mais comme souvent il y a derrière l’humour un propos polémique et politique. La pâtisserie (et la cuisine) a ses codes et ses habitudes, et en cherchant à donner un tour comique à certains de ses aspects on pose des questions : sur notre rapport à l’entreprise, à la clientèle, à nos motifs de fierté, de honte, sur son passé et son avenir, au travail dans sa quotidienneté, aux raisons qui nous y ont fait entrer et à celles qui nous en feraient sortir. J’ai été surpris de voir à quel point des mèmes ont amené des gens à réagir, à commenter, à nuancer, à quel point un réseau pourtant résolument tourné vers la consommation d’image comme Instagram pouvait ouvrir la conversation. J’échange régulièrement sur ces sujets avec des Américains, Anglais, Français, Polonais, Ukrainiens…

Dans un milieu où la règle a longtemps été de fermer sa gueule dans le meilleur des cas et d’en glorifier les aspects les plus brutaux dans le pire (et vice versa), cette forme d’humour permet de réfléchir sur ces sujets sans verser dans un misérabilisme qui serait de toute façon mal vu par la profession. On pourrait dire qu’on est dans l’air du post-« Chef ! Oui, chef ! » où l’on devient conscient des aspects les plus absurdes d’un milieu que l’on  continue d’aimer malgré tout. Le plus frappant pour moi est de voir comment cette prise de recul impacte notre rapport aux jeunes. Le rapport aux apprenti.e.s évolue tellement, nous leur parlons de façon plus simple, directe, honnête et si la cuisine reste un milieu avec des moments où il faut parfois « savoir fermer sa gueule et faire bouger les doigts », être capable de prendre du recul permet une ambiance de travail beaucoup plus agréable. Et efficace.

Que fais-tu de ton temps libre ? Ton compte Instagram a aussi beaucoup de photos de nature donc j’imagine qu’être dehors est important aussi pour toi.

Je lis beaucoup et je développe un logiciel de gestion des stocks, de prédiction des ventes et d’automatisation de mes recettes pour me simplifier la vie et me permettre de passer plus de temps à véritablement faire des gâteaux. Le reste du temps, je le passe en effet dehors que ce soit à pied, vélo ou raquettes, principalement dans le Nordmarka, plus ou moins loin selon le temps et l’envie.

Pour finir, quel est ton endroit préféré en Norvège et pourquoi ?

Mon endroit préféré c’est « ici et maintenant ». Pouvoir quitter mon lieu de travail et rentrer chez moi par la forêt est une sensation qui n’a pas encore fini de mettre un sourire sur le visage du gamin né en banlieue parisienne que je suis. Je n’étais pas préparé à ça ! Pour la première fois depuis des années je goûte enfin le plaisir de prendre de vraies longues vacances en sachant qu’on ne m’appellera pas, que je n’aurais pas à rentrer plus tôt et que je peux prévoir des choses. Cette année je prévois de faire Oslo-Bergen et retour à vélo !


Rencontre très intéressante et qui sort de l’ordinaire, j’espère que ce premier portrait de Français en Norvège vous aura plu. En tout cas, la découverte de Voksenåsen aura été une agréable surprise pour moi, et après y avoir goûté je peux maintenant confirmer qu’il est possible de faire de la pâtisserie végane qui soit bonne et élégante !

Pour finir, voici une sélection de photos de desserts végans tirées du profil Instagram d’Axel :