Élections norvégiennes de 2021 : Quelles différences avec l’élection présidentielle française ?

Les Norvégiens en septembre 2021 et les Français en avril 2022 vont chacun pouvoir voter pour élire leurs dirigeants. Ces élections sont sensiblement différentes, tant sur leur méthode de vote que sur la nomination du gouvernement. Comme les deux peuvent intéresser les Français de Norvège, nous les avons comparées dans cet article.

La Norvège est une monarchie constitutionnelle, actuellement dirigée par le roi Harald V, ayant un régime parlementaire. Son parlement, le Storting, se compose de 169 députés élus pour un mandat de quatre ans selon un mode de scrutin proportionnel plurinominal à un tour. Le chef du gouvernement dépend de la composition du parlement, dont les prochaines élections ont lieu le 13 septembre 2021.

Les Norvégiens choisissent donc de façon directe le parti politique, et la personne du parti, qu’ils souhaitent voir élus à travers de listes électorales. 150 sièges sont à pourvoir à la proportionnelle, dans 19 circonscriptions, auxquels s’ajoutent 19 autres sièges d’ajustement (1 par circonscription). Ces derniers sont répartis de manière à rapprocher les pourcentages de sièges obtenus par les partis aux résultats du vote populaire, compensant ainsi la distorsion résultant de l’utilisation de circonscriptions. Ce rôle compensatoire est néanmoins restreint aux seuls partis ayant franchi les 4% des voix au niveau national, provoquant un effet de seuil pour les petits partis. La fameuse « sperregrense ».

En France, depuis 1962, le suffrage universel direct est utilisé pour élire le président. Originellement pour un mandat renouvelable de sept ans, il a été raccourci à cinq ans suite à un référendum en l’an 2000.

Le scrutin est un scrutin uninominal majoritaire à deux tours :

  • Pour être élu au premier tour, il faut réunir la majorité absolue des suffrages exprimés. Afin que l’élu recueille la majorité des suffrages exprimés, seuls deux candidats sont autorisés à se présenter au second tour. Il s’agit des deux candidats ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages au premier tour ;
  • Est ainsi élu au second tour le candidat ayant obtenu la majorité des suffrages exprimés. Le second tour a lieu le deuxième dimanche suivant le premier tour.

Le choix du chef de gouvernement

Le Premier ministre de Norvège (« Statsminister » littéralement « ministre d’État ») est le chef du gouvernement. Formellement, le roi nomme le gouvernement selon son propre jugement, mais en pratique le chef du gouvernement est nommé suite à une suggestion du parti qui a obtenu le plus de députés élus (et cette personne est souvent la tête du parti). Le chef du gouvernement choisit ensuite les autres membres du gouvernement.

Des coalitions peuvent se former pour obtenir une majorité (pas nécessairement absolue) et ainsi faire force de proposition. L’exemple le plus récent est celui des dernières élections législatives de 2017 où le parti travaillise Arbeiderpartiet (Ap) a obtenu le plus de députés (49) mais où les conservateurs Høyre (H), et ses 45 députés, a réussi à former la plus grosse coalition avec le « parti du progrès » Fremskrittspartiet (FRP) et les libéraux Venstre (V).

Source : NRK

Le Storting, le Parlement norvégien, ne peut pas être dissous et un député ne peut pas démissionner. Par conséquent, il n’est pas possible de tenir de nouvelles élections en cours de mandat. Il n’existe donc pas d’élections partielles.

Cependant le gouvernement (le Premier ministre et les ministres) peut être remplacé en dehors du cadre d’élections législatives – par exemple dans le cas où le Storting présente une motion de censure.

En France, sous la Ve République, c’est le Premier ministre qui est le chef du gouvernement. Nommé par le président, le Premier ministre est habituellement issu d’un parti politique appartenant à la majorité de l’Assemblée nationale, car celui-ci doit obtenir l’investiture du parlement pour pouvoir exercer ses fonctions.

Chef de l’État et chef de gouvernement, en France et ailleurs

Avez-vous remarqué que lors des sommets, tels que ceux de l’OTAN, les homologues du président français sont souvent des chefs de gouvernement et donc souvent des … Premiers ministres ? C’est le cas pour :

  • Les monarchies telles que l’Espagne, la Belgique, la Grande-Bretagne et la Norvège ;
  • Les républiques comme l’Italie ou l’Allemagne où le président a une charge essentiellement honorifique qui ne lui confère que des pouvoirs limités.

À moins de s’intéresser à la politique et notamment celle internationale, il n’est pas évident de se rendre compte qu’il existe en réalité de nombreux régimes politiques différents à travers le monde.

Méthode de vote

Pour ces élections, les Norvégiens votent pour des listes (et non juste un candidat) par circonscription. Il est même possible de changer l’ordre des personnes dans une liste !

Le vote a lieu un lundi (le dimanche dans certaines petites communes), mais il est possible de voter en avance (du 10 août au 10 septembre cette année) dans l’un des bureaux de vote temporaires installés dans tout le pays.

Les bulletins quant à eux sont directement disponibles dans les isoloirs.

En France, le jour du vote (toujours un dimanche), les électeurs doivent se rendre en personne dans le bureau de vote duquel ils dépendent. Ils sont fortement incités à prendre plusieurs bulletins dans les piles disponibles (une pile de bulletins par candidat) et une enveloppe avant d’aller dans un isoloir pour mettre un bulletin dans l’enveloppe et jeter les bulletins superflus à la poubelle.

Il faut ensuite faire de même le dimanche deux semaines plus tard, pour le second tour. En cas d’empêchement planifié, il est possible pour un électeur d’établir une procuration pour qu’une personne assignée au même bureau de vote puisse voter en son nom.

Bureau de vote français. Source Lyoncapitale.fr

Quel système est le meilleur ?

Dans notre article suivant sur les élections, nous vous en disons plus sur les avantages et inconvénients de chaque système. Ce second est article est toutefois subjectif et avec un peu de mauvaise foi 😉.

Merci à Jean-Clément pour la relecture.

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